Collaboration

Par Caroline Deforges

Bikeway Belém, P-06 Atelier, Global Landscape Architecture

J’ai récemment été interpellée par un article publié sur le blog d’ID/Lab, une firme qui fait, entre autres, de la signalétique et du design d’orientation spatiale. ID/Lab annonçait avoir remporté, en consortium avec DesignInc (une firme d’architecture) et Tract (un studio d’architecture de paysage), un appel d’offre concernant un nouvel hôpital qui doit être construit en Australie. L’un des critères qui a favorisé SA Health Partnership, le consortium en question, était justement l’intégration à l’équipe de conception de spécialistes en orientation spatiale. Les architectes responsables de la planification de l’hôpital ainsi que les paysagistes ont collaboré étroitement avec ID/Lab de telle manière que plusieurs principes d’orientation spatiale ont pu être intégrés au stade de la conception de l’hôpital.

Docks en Seine, Nicolas Vrignaud

Cela m’amène à poser la question suivante : pourquoi ne travaille-t-on pas de cette manière au Québec ? Il serait tellement plus efficace de travailler conjointement, architectes, urbanistes, paysagistes, designers d’intérieurs et designers signalétiques. En effet, le design signalétique ne devrait pas être là pour « corriger » les défauts d’un bâtiment dans lequel il est difficile de s’orienter. Il devrait aider les gens à mieux comprendre l’environnement dans lequel ils se trouvent de façon à s’y repérer plus facilement. En permettant à des spécialistes de l’orientation spatiale de faire partie de l’équipe de planification d’un lieu, on s’assure de ne pas créer, involontairement, des espaces incompréhensibles pour leurs visiteurs. Un spécialiste du domaine saura identifier, avant même la construction, des points névralgiques qui risquent de confondre les usagers et pourra, en collaboration avec les architectes, trouver des solutions pour éviter ce problème.

Legible London, Applied Information Group, Lacock Gullam

Cette collaboration devient d’autant plus intéressante lorsque l’on sait que le design signalétique fait partie d’une discipline beaucoup plus large : la communication dans l’environnement bâti (Environmental Graphic Design). SEGD, la Society for Environmental Graphic Design, se décrit d’ailleurs comme étant « la communauté mondiale de personnes travaillant à l’intersection des domaines de la communication et de l’environnement bâti ». Ce domaine englobe de nombreuses disciplines de la conception. En effet, les praticiens de cette spécialité signalétiques ne sont pas seulement des dessinateurs de pancartes ou d’enseignes. Ils créent, entre autres, des systèmes signalétiques, des graphiques architecturaux, du design d’exposition, des images de marque, des environnements dynamiques, des pictogrammes, etc. Cela signifie donc que l’apport d’un designer signalétique dans un projet architectural peut être bien plus important que le simple ajout d’éléments signalétiques. La communication dans l’environnement bâti prend des formes très diverses qui peuvent toutes, indirectement, aider les usagers d’un lieu à mieux s’y retrouver. L’environnement bâti prend, lui aussi, des formes très diversifiées. C’est pourquoi de nombreuses disciplines de la conception et de l’aménagement, telles que l’architecture, le design d’intérieur, l’urbanisme ou l’architecture de paysage, profiteraient de la coopération avec les designers signalétiques.

Teknion IIDEX 2009, Vanderbyl Design

Avec l’arrivée du chapitre montréalais de SEGD, chapeauté par Michael Clarizio, espérons que nous pourrons voir une meilleure collaboration entre toutes ces disciplines !

Publicités

2 réponses à “Collaboration

  1. Bonjour,
    Concernant votre article sur la collaboration, vous avez entièrement raison.
    L’avenir de notre profession doit progresser en réseau, car bien des domaines sont impliqués pour une réflexion signalétique. Cependant, la signalétique n’est pas encore reconnue professionnellement, raison pour laquelle bien des sociétés de gravure, de lettrages publicitaires ou des sérigraphes se prétendent signaléticiens. Pire encore, certaines hautes écoles, grâce à l’appui de certains designers, voir plasticiens, croient répondre aux vrais besoins d’équipement d’un site ou d’un bâtiment.
    Ce média émergeant d’un genre nouveau prends progressivement sa place sur le marché. Savoir faire appel aux sens, anticiper la fluidité d’un bâtiment, respecter l’historique, avoir une grande connaissance des matériaux, être humble mais créatif pour la communication visuelle, prendre en compte la durabilité et le recyclage sont des qualités indispensables pour réussir dans cette profession. Étant établi en Suisse, c’est avec plaisir que je débattrais avec vous de cette passionnante profession.

    Daniel Jacquet

    • François Bouchard

      Il est intéressant mais aussi décevant de constater que nous ne sommes pas les seuls à éprouver ce genre de difficultés. C’est vrai dans le monde, mais peut-être plus particulièrement dans la francophonie. Il faudra pourtant que ça change. Après tout, la reconnaissance de notre champ d’expertise est un enjeu fondamental pour l’avenir de notre profession. Chez nous, de petits pas ont été franchis, le plus récent étant la fondation du premier chapitre francophone de la Society for Environmental Graphic Design (SEGD). Ce faisant, Montréal jouira cette année d’une visibilité inégalée en accueillant la convention annuelle de cette référence mondiale.

      Le symbole n’est pas à dédaigner. Bien sûr, il vient consolider le statut de Montréal, ville Unesco de design, mais surtout il vient donner une légitimité aux acteurs de cette discipline encore peu nombreux sur la scène québécoise. Il en faudra toutefois bien plus pour que le design de communication dans l’environnement bâti sorte de la marginalité et prenne la place qui lui revient, et ce, dès la conception, aux côtés des architectes, designers industriels, urbanistes, designers d’intérieur, designers graphiques et architectes paysagistes.

      Vous soulevez l’importance de progresser en réseau et vous avez parfaitement raison. Mais nous croyons aussi qu’il y a un travail d’éducation à faire pour arriver à cette reconnaissance. Aux professionnels d’abord, mais aussi aux clients et à la relève. Les trois sont interreliés: en mettant en valeur notre profession, nous attirerons et stimulerons la relève, qui nous apportera la reconnaissance des professionnels, ce qui, du coup, convaincra nos clients de la valeur ajoutée d’un processus de création qui donne sa juste place à un système d’orientation spatiale et signalétique.

      François Bouchard

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s